Combien gagne un vétérinaire en France en 2026 ?

Grille 2026, salaires réels des vétérinaires salariés et libéraux, écarts femmes-hommes, comparaison avec médecins et étranger. Chiffres sourcés.

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En 2026, un vétérinaire salarié débutant gagne entre 2 730 € brut par mois (le minimum conventionnel de l’échelon cadre débutant) et environ 3 500 € brut dans les offres réelles du marché. En libéral, la dispersion est énorme : l’Ordre mesure un revenu annuel moyen de 64 477 € pour les femmes et 93 174 € pour les hommes, avec des situations individuelles qui vont de 30 000 € à plus de 150 000 € par an.

Voilà la réponse courte. La réponse longue mérite le détail, parce que derrière la moyenne se cachent des écarts considérables selon le statut, le type d’exercice, la région et le sexe. Je suis passé par le salariat, les vacations et la création d’entreprise. Je vous donne les chiffres, sources à l’appui.

Quel est le salaire minimum d’un vétérinaire salarié en 2026 ?

Les vétérinaires praticiens salariés dépendent d’une convention collective dédiée (IDCC 2564, en cours de fusion avec celle des cabinets et cliniques vétérinaires, IDCC 1875). Le salaire minimum se calcule en multipliant un coefficient par la valeur du point. Cette valeur a été fixée à 17,96 € au 1er janvier 2026 par l’avenant n° 91 du 6 janvier 2026, soit une hausse de 1,2 % par rapport aux 17,75 € de 2025.

Voici la grille pour un contrat de 35 heures (151,67 heures par mois) :

Échelon Fonction Coefficient Brut mensuel minimum (35 h) Taux horaire
1 Élève non cadre 132 2 370,72 € 15,63 €
2 Cadre débutant 152 2 729,92 € 18,00 €
3 Cadre confirmé A 182 3 268,72 € 21,55 €
4 Cadre confirmé B 210 3 771,60 € 24,87 €
5 Cadre spécialisé 240 4 310,40 € 28,42 €

L’échelon 1 concerne les étudiants des écoles vétérinaires qui exercent comme assistants avant la thèse. Le passage d’un échelon à l’autre dépend de l’expérience et du degré d’autonomie, pas seulement de l’ancienneté.

Que prévoit la grille au forfait jours ?

Beaucoup de vétérinaires salariés sont des cadres autonomes au forfait annuel de 216 jours. Les minima 2026 vont de 39 224,64 € brut par an à l’échelon 2 (soit 3 268,72 € lissés par mois) à 62 069,76 € à l’échelon 5 (5 172,48 € par mois). Un cadre autonome au forfait jours gagne donc mécaniquement plus qu’un cadre intégré au même échelon, en contrepartie d’horaires non comptés.

Combien rapportent les gardes, les nuits et les week-ends ?

La convention fixe des majorations précises. L’heure de garde de nuit, de dimanche ou de jour férié est payée avec 20 % de majoration : un cadre débutant passe de 18,00 € à 21,60 € de l’heure. L’heure d’astreinte à domicile est indemnisée à hauteur de 20 % du taux horaire (3,60 € pour ce même cadre débutant), et chaque intervention pendant l’astreinte est payée en plus comme du temps de travail. Sur un contrat avec deux nuits de garde par semaine et un week-end par mois, ces lignes ajoutent facilement 300 à 600 € brut au bulletin.

À quoi ressemble une vraie fiche de paie de jeune vétérinaire ?

Ma première fiche de paie de vétérinaire, je l’ai décortiquée ligne par ligne un dimanche soir, calculatrice en main, pour comprendre pourquoi le net faisait à peine 75 % du brut annoncé à l’embauche. Sept ans d’études, un concours parmi les plus sélectifs de France, et un virement du même ordre que celui de camarades de prépa partis en école de commerce trois ans plus tôt. Personne ne m’avait appris à lire un coefficient conventionnel à l’ENVA. J’ai vérifié : j’étais payé au minimum de mon échelon, ni plus ni moins.

Bonne nouvelle pour vous : le marché a changé. La pénurie de praticiens tire les salaires réels au-dessus de la grille. Les offres pour un débutant en canine tournent aujourd’hui entre 2 700 et 3 500 € brut par mois, souvent au forfait jours, parfois avec logement ou prime d’installation en zone rurale. Un salarié expérimenté négocie entre 3 800 et 5 500 € brut. L’observatoire des revenus de l’Ordre mesure une moyenne de 41 500 € brut annuels pour l’ensemble des vétérinaires salariés en 2024. La grille reste votre plancher légal : vérifiez votre coefficient sur votre bulletin, les erreurs existent.

Combien gagne un vétérinaire libéral en 2026 ?

Le libéral ne touche pas un salaire mais un revenu, ce qui reste après charges, cotisations et investissements. Les moyennes de l’Ordre (Atlas démographique, données fiscales 2023) donnent 93 174 € par an pour les hommes et 64 477 € pour les femmes. Ces moyennes écrasent une réalité très étalée.

Ce qui fait varier le revenu, dans l’ordre d’impact que j’observe sur le terrain :

  • Le statut. Un collaborateur libéral débutant, rémunéré en rétrocession d’honoraires, dégage souvent 2 500 à 3 500 € net par mois. Un associé d’une clinique canine structurée dépasse couramment 6 000 à 8 000 € net mensuels.
  • Le type d’exercice. La canine offre les revenus les plus prévisibles. La rurale et la mixte paient bien le volume d’astreintes, avec des revenus nets annuels qui atteignent 60 000 à 70 000 € pour un praticien installé. L’équine est la plus dispersée : certains vétérinaires de concours ou de clientèle haut de gamme dépassent 10 000 € net par mois, d’autres peinent à rentabiliser leurs kilomètres.
  • La structure. Détenir les murs et le plateau technique change tout à long terme, y compris à la revente des parts.

Retenez une règle simple : en libéral, l’écart entre le premier et le dernier décile va de 1 à 5, là où le salariat borne tout entre 2 400 et 5 500 € brut.

Sept à onze ans d’études pour quel revenu ?

Le parcours type fait bac+7 : deux ans de prépa puis cinq ans d’école vétérinaire, avec un âge moyen au diplôme autour de 26 ans. Ajoutez un internat (1 an) puis un résidanat (3 ans ou plus) pour devenir spécialiste, et vous atteignez dix à onze ans post-bac.

La comparaison avec les autres professions médicales pique. Un médecin généraliste libéral déclare en moyenne 89 238 € de bénéfice net (CARMF, revenus 2023), un spécialiste environ 153 300 € (DREES), un chirurgien-dentiste 122 279 € (CARCDSF). À sélectivité et durée d’études comparables, le vétérinaire libéral gagne 20 à 50 % de moins, et le vétérinaire salarié moitié moins. La différence a une explication structurelle : pas de Sécurité sociale animale, des clients qui paient de leur poche, des prix contraints par ce que les foyers acceptent de dépenser.

Pourquoi les femmes vétérinaires gagnent-elles moins ?

La profession est féminine à 61 % des inscrits au tableau de l’Ordre, et l’écart de revenus est documenté chaque année par l’Atlas démographique. En libéral, données 2023 : 64 477 € pour les femmes contre 93 174 € pour les hommes, soit 31 % de moins. En salariat, données 2024 : 40 553 € contre 44 846 €, soit 10 % de moins. Les explications avancées mélangent temps partiel plus fréquent, accès plus tardif à l’association, types d’exercice et négociation salariale. Aucune ne suffit à justifier l’ampleur de l’écart, présent dans toutes les tranches d’âge.

Que gagne un vétérinaire en Suisse ou au Canada ?

Les diplômés français sont courtisés à l’étranger, et les chiffres expliquent pourquoi. En Suisse, le salaire annuel moyen d’un vétérinaire se situe autour de 96 000 CHF, dans une fourchette de 70 000 à 120 000 CHF selon l’expérience, soit environ le double du brut français à poste comparable (coût de la vie à intégrer). Au Canada, le revenu tourne autour de 100 000 $ CA par an, avec des taux horaires de 34 à 84 $ CA selon les provinces. Le diplôme français y ouvre l’exercice après adhésion à l’ordre provincial, comme l’OMVQ au Québec. Chaque promotion des quatre écoles nationales voit partir des diplômés vers ces marchés, pendant que des zones rurales françaises cherchent des praticiens sans en trouver.

Faut-il choisir ce métier pour l’argent ?

Non, et vous le savez déjà si vous visez le concours. On devient vétérinaire pour la médecine, pour les animaux, pour la relation avec les gens qui les amènent. Mais entrer dans la profession sans regarder les chiffres serait une erreur. La rémunération pèse directement sur les sujets qui minent le métier : déserts vétérinaires en zone rurale, bascule massive vers le salariat (9 328 salariés en 2024 contre 7 612 en 2020, soit 42 % des inscrits), épuisement professionnel mesuré par les enquêtes Vigie Véto du SNVEL, départs à l’étranger. Un praticien qui connaît sa grille, son coefficient et la valeur de son travail négocie mieux, s’installe mieux et dure plus longtemps. C’est aussi une question de santé publique : sans vétérinaires bien rémunérés, pas de maillage sanitaire du territoire.

FAQ

Quel est le salaire d’un vétérinaire débutant en 2026 ?

Le minimum conventionnel d’un cadre débutant est de 2 729,92 € brut par mois (coefficient 152, point à 17,96 €). Sur le marché réel, les offres se situent plutôt entre 2 700 et 3 500 € brut, hors gardes et astreintes.

Quelle est la valeur du point vétérinaire en 2026 ?

17,96 € au 1er janvier 2026, contre 17,75 € en 2025, soit une revalorisation de 1,2 % négociée en commission paritaire le 6 janvier 2026.

Un vétérinaire gagne-t-il plus qu’un médecin ?

Non. Un généraliste libéral déclare en moyenne 89 238 € de bénéfice annuel, contre 64 477 à 93 174 € pour un vétérinaire libéral selon le sexe, et environ 41 500 € pour un vétérinaire salarié.

Quels vétérinaires gagnent le mieux leur vie ?

Les associés de structures rentables, les spécialistes (chirurgie, imagerie, urgences) et certains praticiens équins, avec des revenus qui peuvent dépasser 10 000 € net par mois. Le statut d’associé pèse plus que le type d’animal soigné.

Pourquoi des vétérinaires français partent-ils en Suisse ou au Canada ?

Pour des rémunérations environ deux fois supérieures : autour de 96 000 CHF par an en Suisse et 100 000 $ CA au Canada, avec une reconnaissance du diplôme français après inscription à l’ordre local.

Sources


Maxime Lachérade, docteur vétérinaire (ENVA), co-fondateur de Treats.

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Questions fréquentes

Combien gagne un vétérinaire débutant en France ?

Entre 2 730 € brut par mois (minimum conventionnel cadre débutant) et environ 3 500 € brut selon les offres réelles du marché.

Quel est le revenu moyen d'un vétérinaire libéral ?

L'Ordre mesure un revenu annuel moyen de 64 477 € pour les femmes et 93 174 € pour les hommes, avec de fortes disparités.

Pourquoi un tel écart de revenus entre vétérinaires ?

Selon le statut (salarié ou libéral), le type d'exercice (canine, rurale, équine), la région et l'ancienneté.